La question de savoir s'il faut dire sabler ou sabrer le champagne revient souvent au moment d'en ouvrir une bouteille. Elle est souvent prétexte à de plaisantes polémiques. Les deux se disent mais ne signifient pas la même chose.
À l'origine, Sabler le champagne signifiait : boire d'un trait. L'expression vient du mot sabler au sens de couler de la matière en fusion dans un moule en sable. Par analogie avec l'opération, on désigne métaphoriquement l'action de verser d'un trait le vin dans son gosier par ce terme technique.
Sabler le champagne au sens de « boire rapidement », que les dictionnaires courants donnent comme sens vieilli, n'est plus utilisé. Dans son acception qualifiée de moderne, l'expression signifie « boire le champagne en compagnie pour fêter une heureuse occasion ». On ne sable aujourd'hui que le champagne, et aucun autre breuvage (on ne sable pas du thé ou du bordeaux), alors que l'expression d'origine s'appliquait à n'importe quel vin.
Sabrer le champagne doit se comprendre métonymiquement : on ouvre la bouteille sans la déboucher mais à l'aide d'un sabre : d'un mouvement vif, on fait glisser le plat de la lame le long du goulot en donnant un coup très sec avec le dos du sabre sur le col de la bouteille. Le choc asséné combiné à la pression du vin à l'intérieur de la bouteille permet de la casser net, de la décapiter proprement. Le col, le bouchon et le muselet sont violemment éjectés, suivis de projections de gaz, de vin et de mousse. Cette manœuvre nécessite un minimum de précaution et d'adresse, pas forcément un sabre ; un objet métallique lourd et allongé, avec une arête, peut faire l'affaire.
On peut donc sabrer le champagne pour, ensuite, le sabler.